La manifestation a rassemblé 3 500 personnes, hier, à Rennes. Plus d'une école sur deux était fermée et près de 8 enseignants sur 10 grévistes.
« On veut des professeurs, on veut un directeur ! Pas de remplaçants, on veut des enseignants ! » Tous
donnaient de la voix, hier, en fin de matinée, à Rennes. Syndicats (Snu-IPP, Snes-FSU, Sgen CFDT, SE-Unsa, Sden CGT, Snudi-FO), enseignants du premier et second degré, parents, élus, élèves et
lycéens... en tout, ce sont près de 3 500 personnes qui ont défilé, sous la pluie, devant l'inspection académique et la préfecture, avec un mot d'ordre : « Plus de
moyens ! ».
« On fait appel à des enseignants retraités pour assurer des remplacements. Cela montre bien que l'inspection académique a des moyens limités. Ce
que nous voulons, c'est que des moyens supplémentaires lui soient apportés », déclare Olivier Blanchard de la Snu-IPP.
Le syndicat majoritaire enseignant pointe également les menaces de fermetures de classe, les suppressions de postes et les non-remplacements dans les écoles du
département. Un constat « catastrophique » pour le syndicat Snudi-FO.
« Un signal fort »
« C'est une grève de colère et de mise en garde. À un moment, trop c'est trop. Ce que nous dénonçons particulièrement, c'est le tripatouillage des
chiffres concernant le nombre d'élèves. Les chiffres de l'inspection académique sont pondérés par rapport aux prévisions faites par les écoles. Cela bien sûr au détriment des
enfants », explique Yves Colnot de la Snudi-FO.
Une situation courante dans de nombreux établissements du département.
L'école de Nouvoitou est dans ce cas de figure.
Pour la défendre, Stéphane Lenfant et Nathalie Delsaux, respectivement 1er adjoint à l'urbanisme et 2e adjointe à la jeunesse à la mairie de
Nouvoitou, ont fait le déplacement hier. « L'inspection a prévu 88 élèves alors que nous sommes déjà à 94 inscriptions sûres pour l'instant. Cela fera une moyenne de
32 enfants par classe. On s'inquiète donc pour le devenir et la pérennité de l'école. Cela va, par ailleurs, à contresens du développement de la commune où des projets de logements
sont cours », s'insurgent les élus.
Mobilisation importante avant les manifestations du 1er mai et du 15 mai (fonction publique), ce rassemblement est « un signal
fort à destination de l'académie », selon Olivier Blanchard qui se réjouit que le mouvement soit « bien suivi ». D'après l'inspection
académique, sur les 441 écoles du département, 240 étaient, en effet, fermées, soit plus d'un établissement sur deux. Le taux de grévistes, quant à lui, atteignait les 75 %.